biomasse
Biogaz : un combustible vert produit à partir de déchets
Le biogaz est un combustible produit par la décomposition de matières organiques grâce à des micro-organismes. Ce phénomène naturel, qu’on retrouve dans les marais ou dans les sols, est appelé méthanisation. Aujourd’hui, cette technique est utilisée pour recycler nos déchets tout en remplaçant une partie des énergies fossiles. Cela contribue également à réduire les gaz à effet de serre.
Le biogaz est fabriqué à partir de diverses matières organiques, qu’elles proviennent d’animaux ou de plantes. Les sources couramment utilisées incluent :
- Les déchets agricoles tels que les déjections animales et les résidus de culture comme la paille.
- Les déchets verts, par exemple, les tontes de pelouse.
- Les sous-produits des industries agroalimentaires, comme ceux provenant des abattoirs, des vignes et des laiteries.
- Les boues issues des stations d’épuration.
Ces matières sont méthanisées pour être transformées en biogaz, un processus essentiel pour la valorisation des déchets.
La production de biogaz se réalise dans un espace clos, appelé digesteur, où l’oxygène est absent. Dans cet environnement, les micro-organismes présents dans les matières organiques décomposent ces dernières, générant ainsi du biogaz et un résidu connu sous le nom de digestat.
Le biogaz se compose principalement de :
- 50 à 70 % de méthane
- 20 à 50 % de dioxyde de carbone (CO2)
- De faibles quantités d’azote, d’ammoniac et de sulfure d’hydrogène.
Après purification, seul le méthane est utilisé, bien que le CO2 puisse également être valorisé selon sa qualité.
Biogaz : une solution écologique
Crédit photo : Lamiot/Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0)
Le biogaz peut être utilisé de différentes manières. Il sert à produire de la chaleur en étant brûlé dans une chaudière ou à générer de l’électricité à l’aide d’un générateur. La cogénération combine ces deux fonctions, permettant de récupérer la chaleur issue du refroidissement et des gaz d’échappement. De plus, après purification, le biogaz peut devenir un carburant pour les véhicules, ressemblant au gaz naturel. Cependant, cette utilisation reste encore limitée et s’applique principalement aux flottes de transport spécifiques.
La biomasse : une énergie renouvelable au cœur de nos foyers
Loin des centrales nucléaires et des barrages hydroélectriques, l’énergie biomasse se présente comme une solution plus accessible et plus proche de notre quotidien. Issue de matières organiques telles que le bois, les déchets agricoles ou encore les algues, elle offre une alternative prometteuse aux ressources fossiles polluantes.
Comment fonctionne la biomasse ?
Le principe est simple : brûler ces matières organiques pour produire de la chaleur ou de l’électricité. Imaginez des chaudières fonctionnant au bois ou à la paille, ou encore des centrales électriques alimentées par des déchets verts. La biomasse, en se consumant, libère de l’énergie qui peut être utilisée pour chauffer nos maisons, alimenter des appareils électriques, voire même propulser certains véhicules.
Les avantages de la biomasse
Atout majeur : la biomasse est une source d’énergie renouvelable. Contrairement aux combustibles fossiles qui s’épuisent, les matières organiques peuvent être reconstituées naturellement, par la croissance des plantes ou la production de déchets organiques. De plus, elle est considérée comme neutre en carbone, car le CO2 émis lors de la combustion est compensé par celui absorbé par les végétaux pendant leur croissance. Aussi, c’est une source d’énergie locale et accessible. On trouve des matières organiques partout : forêts, champs agricoles, déchets ménagers. Cette proximité permet de réduire la dépendance aux importations d’énergie et de créer des emplois locaux. Elle contribue également à la valorisation des déchets organiques. En les transformant en énergie, on évite de les enfouir ou de les incinérer, réduisant ainsi l’impact environnemental de ces déchets.
Crédit photo : rizox de Pixabay
Les inconvénients
Si la biomasse présente de nombreux avantages, elle n’est pas exempte de critiques. La surexploitation des forêts pour la production de bois énergie peut avoir des conséquences néfastes sur la biodiversité. De plus, la combustion de certaines biomasses, comme les déchets agricoles, peut émettre des polluants atmosphériques.
La biomasse : une énergie d’avenir
Malgré ses imperfections, la biomasse reste une source d’énergie prometteuse pour un avenir durable. En améliorant les pratiques de gestion forestière et en optimisant les technologies de combustion, il est possible de minimiser les impacts négatifs et de maximiser les bénéfices environnementaux et économiques de cette source renouvelable.
La Guyane accueille la centrale biogaz des Maringouins
Dans le cadre d’une initiative écologique soutenue par le Groupe Govindin, spécialisé dans le traitement des déchets en Guyane, et portée par Nerius Invest, une start-up axée sur les solutions environnementales, la centrale biogaz des Maringouins a été officiellement inaugurée le 12 avril dernier. Ce parc est destiné à fournir de l’électricité verte à environ 2 500 foyers par an.
La production de cette centrale est estimée à environ 9 000 mégawatts-heures. Auparavant, le biogaz, obtenu à partir de la fermentation des déchets ménagers de trois des quatre communautés de communes, était simplement brûlé. Cependant, le biométhane provenant des 107 000 tonnes de déchets annuels n’était pas exploité. Cela change maintenant grâce à l’utilisation de groupes électrogènes Jenbacher, fournis par l’entreprise française Clarke Energy France, qui permettent l’injection du biogaz pour générer de l’électricité.
Dans un contexte de croissance économique soutenue et de développement démographique en hausse, la Guyane voit ses besoins énergétiques s’accroître. La loi fixant l’objectif d’un mix électrique entièrement renouvelable d’ici 2030, cette centrale s’inscrit parfaitement dans cette démarche.
GOV’Environnement, une filiale du Groupe Govindin, a fait appel à Nerius Invest pour diriger le développement de ce parc, de l’étude initiale à la préparation des tests industriels, en coordonnant notamment la mise en place de la centrale biogaz. Pendant quatre années, cette start-up a agi en tant que chef de projet délégué, prenant en charge les aspects financiers, juridiques, réglementaires, techniques et commerciaux du projet.
Une centrale biogaz en Guyane
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Cette centrale biogaz représente une avancée significative dans la transition énergétique de la Guyane, contribuant à la réalisation des objectifs fixés en matière d’énergie renouvelable et offrant une solution innovante pour valoriser les déchets tout en fournissant de l’électricité propre à la population locale.
Canson se dotera d’une chaufferie biomasse d’ici 2026
La future chaufferie biomasse de Canson, qui sera opérationnelle en 2026, devrait réduire de quatre à cinq fois les émissions de CO2. Cette transition permettra à l’entreprise de couvrir 89 % de ses besoins énergétiques, offrant une alternative économique face à la hausse de 300 % du prix du gaz de ville l’année précédente. En optant pour du bois ancien, la société contribue à compenser les émissions de CO2. Les livraisons quotidiennes de biomasse, provenant d’un périmètre de 80 kilomètres, offriront une matière première pouvant être recyclée en engrais par les agriculteurs locaux. Avec un coût total de 6 millions d’euros, dont 2 millions financés par l’ADEME, l’initiative s’inscrit dans une démarche écoresponsable soutenue par l’État.
Canson mise sur la biomasse
Crédit photo : Mattho69/Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0)
Even et Guyot énergies collaborent pour créer une chaufferie biomasse
En Bretagne, une collaboration entre Guyot énergies et Even a permis la mise en place d’une chaufferie biomasse. Cette usine est approvisionnée par des sources d’énergies vertes sur le site de Laïta à Créhen, situé dans les Côtes-d’Armor. Cette initiative vise à réduire l’impact environnemental et la dépendance aux ressources fossiles des activités laitières du groupe alimentaire coopératif. Les deux partenaires ambitionnent de limiter de moitié les émissions de CO2 d’ici 2025. La signature officielle de ce partenariat a eu lieu le 7 septembre dernier.
La construction de cette chaufferie biomasse offrira les moyens d’approvisionner en vapeur les divers ateliers de transformation laitière, y compris la tour de séchage, qui produit des poudres de lait haut de gamme. Cette vapeur sera générée à partir de bois en fin de vie, recueilli et transformé en tant que combustible par Guyot environnement. Cette unité de production disposera d’une puissance de 9 méga watts, ce qui pourrait chauffer plus de 5 600 foyers. Elle comblera 70 % de la consommation en vapeur du site, remplaçant ainsi l’utilisation de gaz naturel. Lionel Béquet, directeur de Guyot énergies, se réjouit du savoir-faire de son entreprise qui a permis de proposer une source d’énergie locale et à faible impact carbone à Laïta, tout en respectant les critères techniques et normes environnementales du site de Créhen.
Une chaufferie biomasse alimentée en énergie verte en Bretagne
Crédit photo : Guillaume70/Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0)
Le chantier démarrera au cours du premier semestre de 2024 et devrait s’étendre sur une période de 18 mois, en vue d’une mise en opération prévue d’ici 2025. Ce projet génèrera trois emplois à temps plein et nécessitera un investissement de 16 millions d’euros, subventionné par Guyot énergies, qui bénéficie d’un financement octroyé par l’Ademe dans le cadre du plan France Relance.